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Attention : cet article contient une montée de lait

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Marie-Josée Bourque

Avant la prise de contrôle du monde par Facebook, le phénomène existait, bien sûr, mais il était circonscrit autour de la machine à café et aux conversations dans les partys de bureau d’agences. Ça faisait moins de dommages. Aujourd’hui, c’est à grands coups d’épithètes et d’émoticônes que plusieurs d’entre nous publicitaires prenons grand plaisir à démolir le travail des autres. De toute évidence, l’effet de groupe et le désir de supplanter le dernier commentaire par la remarque qui tue motivent plusieurs à utiliser leur clavier comme exutoire. Les impressions se multiplient. Le résultat : une quantité épeurante de temps consacré à nourrir un problème qui nuit à l’ensemble de l’industrie. Ça me semble plutôt une situation qui fait perdre tout le monde.

Bien sûr, j’ai déjà critiqué le travail des autres. Bien sûr, de la mauvaise pub, il y en a trop. Bien sûr, les non-initiés croient qu’ils sont capables d’être « créatifs » et de vous la faire, votre pub. Ou mieux, ils ont un cousin qui fait ça dans son sous-sol pour pas cher.

Mais à quoi ça sert de donner autant d’attention à ces mauvaises pubs ? Les gens de notre industrie sont brillants, sensibles, créatifs — oui, oui, créatifs — et pratiquent un métier passionnant, mais ô combien difficile ! Il me semble qu’il existe de meilleures façons d’investir son énergie qu’en chialant ou même qu’en intimidant sur les médias sociaux. On ne grandit pas en écrasant les autres, ce serait même plutôt l’inverse qui se produit.

Puisque c’est cette période de l’année, je vous propose donc de prendre la résolution suivante (et je m’engage à faire de même !) : la prochaine fois que vous verrez une pub que vous jugez ratée, profitez de l’occasion, chers collègues publicitaires, pour mettre votre talent à profit et travailler sur une solution plutôt que d’alimenter le problème. Vous risquez d’obtenir un bien meilleur rendement du capital investi. Et c’est toute notre industrie qui vous dira merci. Et, qui sait, peut-être séduirez-vous un nouveau client au passage ?

Bonne année !